Le site du Pont du Gard rend hommage à l’histoire du Graff avec une nouvelle exposition artistique « From the bridge – Vu du pont ».

La présence de graffitis est attestée dès la Rome antique, sur les murs de Pompéi, à Rome… où textes et dessins s’affichent aux yeux des passants. Pendant l’Antiquité romaine, il y a aussi les tags : l’écriture sauvage est aussi « un mode d’expression, qui rebondit sur l’affiche par la bulle ou cherche à délivrer un message provocateur – érotique, politique, philosophique – dans une langue peu châtiée qui tranche avec celle de l’écriture officielle ».

Le mur, comme support d’expression, a toujours été une évidence depuis les parois des cavernes aux façades bétonnées des cités ! Au Pont du Gard, ne peut-on pas voir une forme de graff dans les marques des compagnons du devoir, qui jalonnent les piliers du monument ? Ils témoignent de l’attrait de l’ouvrage, modèle parmi les modèles au niveau de l’architecture et du génie technique.
Trois artistes-graffeurs, RESO, MONDÉ et PYRATE investissent cette année la salle d’exposition temporaire du Bâtiment rive gauche, chacun avec sa personnalité et son style. Tous trois proposent une exposition collective où chaque travail créatif présent fait partie d’un tout. Fresques, objets de récupération détournés et supports de graff, décors 3d, photographies… autant d’éléments qui jalonnent le parcours avec des surprises de taille !

RESO,

développe de manière graphique la quête de l’empreinte laissée dans la ville et ses vieilles usines abandonnées. Il retrace en collectant de nombreux objets,
l’histoire d’une rencontre entre un endroit et un artiste afin de créer une alchimie artistique entre les deux, avec un respect immense pour l’objet d’origine, en y superposant ses lettres de
graffiti ainsi que ses couleurs de manière harmonieuse.

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PYRATE,

fige le temps pour retranscrire la gestuelle première de l’artiste. Il représente les différentes positions de main, sorties de leurs contextes mais toujours de
manière hyperréaliste et colorée. Ces mains sont les outils de l’artiste-graffeur, marquées par les éclaboussures liées au geste et à l’outil.

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Dans le travail de MONDÉ,

le temps passe, vite, trop vite, symbolisé par une rame de train régional réversible -qui fut le support de prédilection de nombreux graffeurs et qui a totalement disparu aujourd’hui-
un bout de métal, coloré ou effacé ou encore à travers un morceau de bois, mis à nu, apprivoisé et révélé sous sa forme la plus pure, brûlée partiellement et mêlée à de nombreuses allégories calligraphiées.

L’exploration du rapport au temps s’engage dans toutes les œuvres. Cette exposition souligne de trois manières, avec trois styles et trois questionnements différents, le rapport entre le graffiti et le temps qui passe. Il vient interroger l’aspect intemporel d’un ouvrage comme le Pont du Gard avec cet art éphémère.

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Jusqu’au 23 septembre 2018

 

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