Le site du Pont du Gard  accueille pour la dixième fois consécutive l’équipe du Groupe F  pour l’événement des Féeries, qui réunit chaque année des milliers de spectateurs. Cette année le spectacle « FEUX SACRES » nous ramène  à l’époque du  Moyen-Âge et de la Renaissance. Pour cette édition, le blog du Pont du Gard vous propose un entretien avec quatre membres du groupe : Benjamin Egg (flameux), Jean Michel Riou (vidéaste), Alexandre Toporonko (pyrotechnicien au système de tir) et Mario (comédien performeur),  afin de mieux comprendre les aspects techniques de la représentation. 

Réponses à quatre voix :

Depuis combien de temps le Groupe F existe-t-il et combien de personnes le composent ?

Le Groupe F fut créé en 1990. Christophe Berthonneau, passionné par le milieu artistique et actuellement reconnu comme un des meilleurs experts mondiaux dans le domaine de la pyrotechnie, rejoint le collectif en 1992. L’équipe est composée d’une centaine de personnes (dont une vingtaine de permanents) ayant chacune un métier ou une spécialité bien particulière, malgré tout chaque individu est polyvalent ce qui rend notre groupe si particulier et intéressant.

Combien de personnes du groupe sont présentes pour la représentation des Féeries ?

 Pour le spectacle du Pont du Gard, une vingtaine de techniciens est présent pour assurer le show en toute sécurité. Notre groupe est composé de plusieurs corps de métier, nous sommes tous artificiers dans un premier temps puis par la suite chacun a sa spécialité. Nous avons par exemple deux « flameux » qui travaillent avec tous les éléments « feux », plusieurs vidéastes pour les projections, des programmateurs permettant de faire fonctionner le système de tir ; mais aussi des comédiens performeurs habillés de magnifiques costumes de lumières imaginés par Ann Williams et Christophe Berthonneau.

Combien de temps de mise en place en amont et pendant l’événement vous faut-il pour la pyrotechnie mais aussi les costumes, les vidéos morphing et vidéos mapping ? 

 La mise en place du spectacle sur site nécessite 8 jours de travail pour une vingtaine de personnes. Le travail en amont représente plusieurs semaines de travail pour les secteurs artistique : (mapping vidéo, costumes, écriture des textes et composition musicale),  technique et logistique.

Alexandre, Benjamin et Jean-Michel, derniers préparatifs

 

Jean-Michel, Alexandre et Benjamin préparent le spectacle du soir

 

Passons à la partie plus technique, pouvez-vous nous parler des différents outils et objets que vous utilisez en pyrotechnie comme les mortiers, les bombes ou encore les fontaines ?

 En pyrotechnie nous pouvons produire une multitude d’effets grâce à différents outils :

Pour chaque effet il y a une technique différente, par exemple la « Fontaine » émet un jet de couleur en continu sans quitter le sol.

La bombe, elle, est un projectile aérien propulsée unilatéralement à une altitude déterminée  par le calibre de celle-ci, plus la bombe à un calibre important, plus elle explosera à une altitude élevée.

Le volcan lui est une gerbe de feu jaillissant d’un tube ayant pour caractéristique son calibrage de 30 à 150mm proposant un spectacle conséquent.

La comète crée un effet traçant plus ou moins visible et persistant lors de l’ascension du projectile.

Il faut savoir que chaque effet pyrotechnique explose à une certaine hauteur dans le ciel en fonction du calibrage de ces mêmes effets (une bombe de 100mm explose à 100m du sol).

Chacun de ces explosifs est placé dans un mortier prévu à cet effet qui s’apparente à un tube en carton ou en fibre de verre, permettant de tirer les bombes etc… Leurs calibres varient de 20 à 600 mm tout comme les explosifs ; leur mise en préparation nécessite donc une certaine minutie ainsi qu’une grande précaution.

La chandelle romaine varie du mortier puisqu’elle contient un empilage de projectiles à tir automatique synchronisé (bombes, volcans ou comètes).

Seules les fusées n’ont pas besoin d’être insérées dans un mortier ou une chandelle romaine. Effectivement ce projectile est autopropulsé par un moteur à poudre tout au long de son ascension. Ce projectile étant par conséquent plus dangereux nous ne l’utilisons pratiquement jamais, il n’y en aura donc pas lors du spectacle des Féeries.

 

De quelle manière ces effets pyrotechniques sont-ils propulsés dans les airs ?

Le système de tir numérique va nous permettre de propulser les éléments de pyrotechnie.

Ce système est composé de plusieurs parties :

Chaque effet de pyrotechnie est branché à une allumette électronique, qui elle,  est branchée  sur un boitier d’énergie électrique et DATA numérique (s’apparentant à un boitier d’ordre de tir) ; ce boitier est relié à un contrôleur, lui-même relié à un ordinateur. Pour faire plus simple, il faut s’imaginer une grosse araignée électrique et numérique qui relie tous les éléments.

Ensuite, l’opérateur derrière l’ordinateur va envoyer un signal de temps prédéfini par un programme réglé au dixième de seconde, permettant à chaque effet de se déclencher au moment voulu. Le Groupe F a développé son propre programme de gestion, dont trois gestions distinctes dédiées aux vidéos, costumes, et pyrotechnies etc.

 

Quels éléments rendent les costumes si particuliers ?

Nos costumes sont dessinés et réalisés dans nos ateliers. Leur développement est un processus long et rigoureux. Ce sont des objets très complexes. La lumière produite pas les LED est pilotée à distance selon les besoins de la mise en scène. Ils apportent une touche supplémentaire de magie au spectacle.

Costumes en Led Groupe F

 

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